EPISSOS : Ce n’est pas Noël pour tout le monde !

Ce n’est pas Noël pour tout le monde !

La CFDT dénonce avec virulence l’incroyable situation qui est faite aux agents des EHPAD et notamment de celle d’Airaines. Chaque jour les conditions de travail et d’accueil des usagers se dégradent un peu plus.

Absentéisme : un cercle vicieux :

Les moyens en personnel sont notoirement insuffisants au regard des tâches à accomplir. La fatigabilité est accrue et les arrêts maladie se multiplient. Les agents présents sont donc sollicités encore davantage pour pallier les absences. Rappels incessants sur les repos, remplacements au pied levé épuisent même les plus résistants qui finissent par craquer…. Ajoutons à cela la suppression des CAE et le non renouvellement des CDD qui ne rassurent pas les équipes et génèrent un climat anxiogène.

Cela ne semble toutefois guère émouvoir la direction qui préfère évoquer des arrêts de complaisance et qui envisage même d’interpeller les médecins traitants pour les sensibiliser… Cette façon de jeter la suspicion sur des agents déjà en grande difficulté est inqualifiable et révélatrice du peu de respect porté au personnel.

Un mode dégradé qui porte bien son nom :

Pour tenter d’adapter la prise en charge des usagers au manque de moyens en personnel, la direction a inventé le « mode dégradé » qui consiste pour les professionnels à prioriser des tâches à effectuer, et qui génère au final une prise en charge du patient de qualité moindre.

Moins de douches, moins de levers, moins de shampoings provoquent inéluctablement moins de confort pour les usagers. Inutile de préciser que l’animation, ô combien importante dans nos structures, est la première à pâtir des manques de moyens. D’exceptionnel, le travail en mode dégradé est devenu la règle et c’est tout simplement scandaleux et inacceptable.

Une organisation du travail fluctuante :

Chacun sait qu’une bonne organisation du travail est un gage de qualité et d’équilibre, à la fois pour les agents mais également pour les usagers. Or celle-ci ne cesse d’être chamboulée au gré des arrêts. Les changements d’horaires sont quasi quotidiens, le travail sur les fiches de postes n’a jamais été mené à son terme. Aux ordres succèdent aussi vite les contre-ordres, générant ainsi…le désordre ! Le personnel administratif mais aussi le personnel soignant sont noyés par la gestion de paperasse qui les éloigne encore un peu plus de l’essentiel.

Des moyens matériels pas à la hauteur :

Les locaux vétustes, le matériel défectueux, les moyens pas toujours suffisants n’améliorent pas les choses. Du manque de linge au matériel informatique qui ne cesse de bugger, tous les ingrédients sont réunis pour générer du stress et accentuer le mal-être au travail. Et que dire du système d’alarme incendie qui dysfonctionne en permanence et qui fait perdre certains jours des heures au personnel soignant qui a pourtant bien autre chose à faire. Et au bout, c’est encore et toujours l’usager qui trinque !
La mise en place d’une charte de bientraitance, d’une commission QVT et RPS ainsi que les commissions de soins infirmiers et autres ne pourront répondre à l’ensemble de ces problèmes.

Un climat anxiogène :

Aujourd’hui ce sont l’ensemble des agents de l’EPISSOS qui s’interrogent et qui sont particulièrement inquiets du devenir des structures. Il est du devoir de la direction de leur permettre de mieux vivre leur vie professionnelle.
La CFDT a réalisé une enquête sur la qualité de vie au travail au milieu de cette année. Les résultats communiqués aux agents ainsi que lors du dernier CTE mettaient déjà en évidence l’ensemble de ces problèmes. Ils alertaient sur I ‘état de fragilisation des équipes et de certains corps de métiers.

Une direction sourde et des choix incompréhensibles :

Nous avons le sentiment aujourd’hui que la direction n’entend pas les organisations syndicales quand elles dénoncent ces dysfonctionnements. La CFDT dit très clairement que certains choix ne sont pas judicieux et sont effectués au détriment du personnel mais aussi des usagers. Comment peut-on justifier dans un Ehpad d’investir des dizaines de milliers d’euros dans des rencontres franco danoises dont les retombées sont plus qu’hypothétiques.
Comment peut-on justifier l’investissement de sommes rondelettes dans l’acquisition d’une loge au stade de la Licorne, même si on tente de nous expliquer que ça n’a rien à voir avec l’Ehpad et que c’est le budget commercial de l’ESAT qui est impacté… A qui profite tout cela, certainement pas au petit personnel ni aux usagers !
Comment peut-on justifier les dizaines de milliers d’euros engloutis dans des audits qui bien souvent ne nous apprennent que ce que l’on savait déjà.

Il est plus que temps de remettre les pieds sur terre et de voir la réalité telle qu’elle est. Les moyens pour faire vivre nos établissements sont insuffisants et leur gestion ne doit en être que plus rigoureuse. Le personnel en a marre de payer les pots cassés d’une gestion qui laisse à désirer.

C’est bien que les directeurs d’Ehpad se mobilisent depuis quelques mois pour solliciter des moyens pour leurs structures, encore faut-il qu’il puissent apporter la preuve que les moyens dont ils disposent déjà sont bien utilisés. En ce qui concerne l’EPISSOS c’est malheureusement loin d’être gagné !

En accord avec les autres organisations syndicales, la CFDT appelle l’ensemble des agents de l’EPISSOS mais aussi de toutes les Ehpad à se mobiliser fortement le 30 Janvier 2018. Les modalités de cette mobilisation seront débattues avec le personnel pour une visibilité maximale.

Pour télécharger le tract :

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